À Londres, Ramsès II prépare son retour sous les projecteurs
Avant son ouverture en février, l’exposition « Ramsès et l’or des pharaons » achève ses derniers réglages dans la capitale britannique.
Dans l’ancienne centrale électrique de Battersea, monument de brique reconverti en pôle culturel au sud de Londres, l’Égypte antique s’apprête à reprendre vie. À quelques semaines de l’ouverture de l’exposition « Ramsès et l’or des pharaons », prévue le 28 février prochain, les ultimes préparatifs sont en cours. Une mise au point minutieuse, supervisée récemment par le secrétaire général du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, le docteur Mohamed Ismail Khaled, venu inspecter les installations de la salle Neon, au cœur du complexe de Battersea Power Station.
Cette visite de terrain, à forte charge symbolique, marque une étape clé avant l’arrivée du public britannique. Éclairage, scénographie, dispositifs de sécurité, conditions de conservation : chaque détail a été passé au crible afin de garantir un écrin à la hauteur de l’un des souverains les plus emblématiques de l’histoire universelle. L’exposition, qui restera à Londres jusqu’au 30 août 2026, s’inscrit comme la septième étape d’une tournée mondiale entamée en 2021, après Tokyo, Paris, Sydney, Cologne ou encore Houston.
Au-delà de la scénographie, une attention particulière a été portée aux parcours d’acheminement des œuvres, aux espaces sécurisés de stockage temporaire, ainsi qu’aux systèmes de protection : caméras de surveillance, détecteurs de mouvement, dispositifs anti-incendie et mécanismes d’extinction automatique. Un ballet discret mais essentiel, destiné à préserver l’intégrité de pièces parmi les plus précieuses du patrimoine égyptien.
Des réunions ont également été organisées avec les commissaires et organisateurs de l’événement afin de définir les contours de la cérémonie d’inauguration officielle. L’enjeu est autant diplomatique que culturel : présenter l’Égypte ancienne non comme une relique figée, mais comme une civilisation fondatrice, toujours capable de dialoguer avec le monde contemporain.
« Les expositions archéologiques à l’étranger sont des fenêtres ouvertes sur l’histoire de l’Égypte », a rappelé Mohamed Ismail Khaled. Elles permettent, selon lui, de mettre en lumière le génie du peuple égyptien ancien — dans les domaines de l’architecture, de l’ingénierie, de l’art ou des sciences — tout en jouant un rôle stratégique dans la diplomatie culturelle et la promotion touristique du pays.

L’exposition londonienne réunira 180 pièces majeures, issues notamment du Musée égyptien du Caire, datant pour l’essentiel du règne de Ramsès II. Le public pourra également découvrir le sarcophage du pharaon, prêté par le Musée national de la civilisation égyptienne, ainsi que des objets mis au jour lors de fouilles égyptiennes à Saqqarah, dans le secteur du Bubastéion. Statues monumentales, bijoux d’or, instruments de toilette, panneaux gravés, blocs sculptés et cercueils en bois polychrome retracent plus d’un millénaire d’histoire, du Moyen Empire jusqu’à la Basse Époque.
À Londres, Ramsès II ne sera pas seulement exposé : il sera raconté, mis en scène, réinscrit dans une mémoire mondiale. Dans l’ombre des turbines désaffectées de Battersea, c’est tout un pan de l’humanité qui s’apprête, une fois encore, à franchir le seuil du temps.